Test – Yakuza 0 : Le bonjour du soleil levant des Yakuzas

 

 
Infos Jeu
 

Console:
 
Editeur: Sega
 
Développeur: Sega
 
Date de Sortie: 24 janvier 2017
 
Résumé:

Malgré ses aspects datés, Yakuza Zero impose le respect par son histoire, sa mise en scène, et la quantité plutôt impressionnante d’activités annexes. Un doublage excellent, une ambiance visuelle et sonore réussies, et des combats nerveux par-dessus le marché, font de ce titre un des meilleurs de la saga.

 
Note de la rédac :
8.5
8.5/10


Note des membres
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Ce qu'il faut retenir


- Ambiance 80s très agréable
- Le charisme des personnages
- La quantité de choses à faire

Ce qui ne faut pas retenir


- Moteur vieillissant
- Quelques passages à vide dans l’histoire (pour chipoter)
- On en veut toujours plus…


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Posté le13/02/2017 par

 
Article complet
 
 

L’optique d’un prequel à la série Yakuza en aura réjoui plus d’un, et bien que la licence ne soit pas parmi les plus gros console-sellers, elle a su s’imposer dans le paysage varié des jeux exclusifs aux consoles Sony. Au Japon notamment, mais également en occident, ou un groupuscule de fans de la série attend avec une certaine impatience la suite des aventures de Kiryu Kazuma. Ou plutôt, le début…

Comme une odeur de naphtaline

Yakuza Zero affiche les traits d’un mafieux fatigué. Non, le jeu n’est pas moche mais son interface n’a pratiquement pas bougé depuis plus de 10 ans. On note quelques nouveautés, comme cette espèce d’arbre de compétences qui permet de faire évoluer ses personnages, mais dans l’ensemble, le concept stagne. Cheveux figés, décors en plastique, PNJ insipides et animations recyclées – le tout dans le quartier chaud de Kamurocho qu’on connaît désormais par coeur – ne font qu’appuyer ce constat.

Heureusement, le passage à la PS4 permet des traits et des animations un peu plus nettes, tandis que certaines cutscenes recourent à des plans fixes avec un grain vintage dont se revendique le jeu. Les développeurs ont d’ailleurs zappé les animations de la bouche lors des dialogues durant ces séquences-là, un moyen ingénieux d’économiser du travail (bien joué, SEGA !). Les cinématiques sont quant à elles toujours magnifiques, sublimées par le jeu d’acteurs qui donne à Yakuza Zero cette dimension épique si chère à la saga. Malgré tout, le titre porte bien son tag de prequel car la série commence à sérieusement vieillir et ce n’est plus de rafistolage chirurgical dont elle a besoin mais d’un moteur flambant neuf.

Je repars à zéro

Dans Yakuza Zero, le joueur est transporté avant les évènements contés dans le premier opus de Yakuza. S’il peut être compliqué de suivre l’histoire à travers les nombreuses sorties ; surtout à cause du décalage avec le Japon, l’on ne pourra que savourer chacune des lignes des dialogues, tant ces derniers se veulent prenant, et percutant par endroits. Alors que vous incarnez Kiryu, un Yakuza accusé d’un meurtre que vous n’avez pas commis, il ne vous faudra pas longtemps pour découvrir que tout cela est le résultat d’une mascarade. Vous quitterez la famille, et, en tant que simple citoyen, tenterez, tant bien que mal, de découvrir qui vous a piégé. Dans la licence Yakuza, l’histoire est très souvent maîtresse des actions et des pérégrinations que l’on effectue dans cette « modeste » ville de Tokyo. S’il se plaît à être une sorte de survivant de Shenmue, l’on pourra saluer la justesse des récits et autres punchlines bien senties.

Car oui, dans tous les Yakuzas qui se respectent, l’histoire est essentielle au bon fonctionnement de l’aventure, à tel point qu’il n’est pas rare de se laisser prendre à imaginer la suite des évènements, lorsque ces derniers ne sont pas trop prévisibles. Sur ce point-là, Yakuza Zero reste tout aussi bon que ses aînés, et se laisser transporter par les nombreuses cinématiques ne sera jamais forcé, tant l’histoire qui se dévoile est saisissante. Si l’on devait rester encore un peu dans le quartier, l’on soulignera les dialogues des quêtes annexes, tous travaillés à l’extrême, et se permettant même un grain de folie appréciable, capable de nous arracher des sourires (ndlr : on parle de Miracle Johnson, cette caricature de Michael Jackson et ses zombies ?). Pourtant, et replaçons les choses dans leur contexte, Yakuza Zero est sorti en 2015 au Japon, ce qui ne fait que renforcer cette impression grandiose que l’on ressent, manette en main, en attendant fébrilement que les derniers opus daignent se montrer chez nous.

Justement sorti en 2015 sur les PS3 et les PS4 Japonaises, Yakuza Zero pouvait apparaître assez fébrile graphiquement en Europe, deux ans après sa sortie réelle. Mais qu’en est-il ? En fait, le joueur habitué à prendre les devants avec les Yakuzas ne le sait que trop bien, pour vivre une telle aventure, c’est sur la PS3 qu’il fallait être et, dès lors, un passage d’un titre sur PS4 ne pouvait qu’être plus attrayant. Sur le papier, le fait est accompli et l’on retrouve des textures fines et des personnages très bien modélisés, notamment lors des cinématiques. En revanche, l’on ne pourra que souligner que d’autres PNJ n’auront pas bénéficié du même traitement de faveur et l’on pourrait presque se croire revenu en début de vie de la PS3. Assez rare, l’on pourra aussi constater un clipping assez perturbant par moment (surtout lorsque l’on court) et quelques baisses de forme avec un framerate parfois à l’agonie. Qu’on se le dise, cela ne ternit en rien l’expérience, puisque, globalement, Yakuza Zero se veut assez joli, avec une mention spéciale lorsque la nuit est là et que les lumières brillent dans les rues et devant les boutiques.

Une montagne de trucs à faire

Entre chaque avancée du récit, Yakuza 0 se partage entre balade, combats, mini-jeux et quêtes complètement farfelues. Les premiers réussissent à se renouveler en offrant désormais au joueur plusieurs styles de combat (qui compensent le peu de personnages jouables), qu’il est possible de développer avec de l’argent et entre lesquels on peut switcher grâce à la croix directionnelle. Du côté de Kazuma, on aura le choix entre un style brawler brutal assez classique, un autre davantage basé sur la rapidité et l’esquive, et enfin un troisième plus bestial, dans lequel le yakuza se saisira automatiquement dans le cours de son combo de n’importe quel objet présent autour de lui. Quant à Goro, il pourra choisir entre son style classique, une forme de capoeira particulièrement efficace et l’utilisation d’une arme (quelque peu redondante finalement). Tout en sachant qu’un quatrième style sera disponible en fin de jeu. N’imaginez toutefois pas changer de style à la volée dans un combo, la manipulation n’étant pas assez réactive et c’est bien dommage. Les combats restent intéressants pour peu qu’on ait saisi les subtilités du système (en particulier contre les boss, où il faudra s’adapter à des patterns difficiles à cerner), mais ils s’avèrent également un peu brouillons, en raison d’un lock capricieux et d’une caméra un peu folle par moments.

Vous trouverez des grands classiques de SEGA jouables dans les salles d’arcade de Tokyo et d’Osaka, en intégralité et en chouette qualité

Mais bien entendu, Yakuza Zero ne serait pas digne de son patronyme s’il n’était pas bardé de mini-jeux et de quêtes annexes chelous voire un peu débiles. Années 80 oblige, vous trouverez des grands classiques de SEGA jouables dans les salles d’arcade de Tokyo et d’Osaka, en intégralité et en chouette qualité (OutRun et Space Harrier, pour ne citer qu’eux). Vous aurez également la possibilité d’aller bouger votre popotin en boîte ou de vous faire un bon karaoké – tous deux prennent la forme de jeux de rythme – tandis que les plus pervy pourront se faire une bonne petite séance de téléphone rose. Si vous n’êtes pas amateur, vous aurez toujours le loisir de remplir les cent quêtes annexes du jeu, qui vous sauteront au visage de toute façon, à un moment ou à un autre. Le tout avec des objectifs hallucinants tels que sauver une jeune fille d’une secte ou encore aider un jeune homme à traverser un pont sans se faire tabasser à cause de la veste qu’il porte. Tout ce versant de Yakuza Zero révèle un autre aspect du jeu japonais, beaucoup plus détendu et qui se tourne volontiers en dérision. Histoire de passer un moment un peu plus léger dans une histoire très sombre. Mais c’est également le meilleur moyen de distendre complètement le récit, déjà gêné par une certaine arythmie, et surtout de décrédibiliser son intrigue et ses personnages.

Et la force des jeux Yakuza a toujours résidé dans leurs histoires épiques, où l’honneur, la trahison, la corruption et les rebondissements impossibles jouent un rôle important. Yakuza Zero ne déroge pas à la règle et nous propose un scénario avec tous les savoureux ingrédients de ses aînés. Mieux encore, contrairement aux épisodes 3, 4 et 5 qui proposaient une histoire un peu complexe (trop de personnages, trop de rebondissements, trop de n’importe quoi…), le retour aux origines de cet opus permet d’aller droit au but. Le scénario n’en reste pas moins surprenant mais évite de s’égarer. Le côté épique doit également beaucoup à la mise en scène impeccable qu’on applaudit des deux mains.

Malgré ses aspects datés, Yakuza Zero impose le respect par son histoire, sa mise en scène, et la quantité plutôt impressionnante d’activités annexes. Un doublage excellent, une ambiance visuelle et sonore réussies, et des combats nerveux par-dessus le marché, font de ce titre un des meilleurs de la saga.


DBKamper

 

Testeur JV (PC/360)
Spécialiste rétro



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